Refaire les joints d'une salle de bain soi-même : le guide facile

Refaire ses joints de salle de bain soi-même ? Oui, c'est possible pour 15 à 40 €, à condition de ne pas sauter la préparation. Découvrez les étapes clés pour éviter de tout arracher six mois plus tard.

Refaire les joints d'une salle de bain soi-même : le guide facile

La question qui revient le plus souvent quand on parle rénovation de salle de bain, ce n'est pas « quel carrelage choisir », c'est « est-ce que je peux refaire mes joints moi-même sans tout casser ». Et la réponse honnête, c'est : oui, à condition d'accepter une chose. Ce n'est pas une question de talent, c'est une question de préparation. J'ai vu des débutants réussir des joints impeccables, et j'ai vu des bricoleurs expérimentés tout arracher au bout de six mois parce qu'ils avaient sauté une étape.

Refaire les joints d'une salle de bain soi-même, c'est un chantier de quelques heures qui coûte entre 15 et 40 € de consommables, contre plusieurs centaines d'euros si vous passez par un artisan. Mais tous les joints ne se valent pas, et surtout, tous ne se refont de la même façon. C'est là que la plupart des gens se plantent.

Points clés à retenir

  • Deux familles de joints à ne jamais confondre : le joint de carrelage (ciment ou époxy, entre les carreaux) et le joint silicone (souple, dans les angles et zones de contact eau/support).
  • Un joint qui se décolle sur plus de 10 cm ou qui montre une moisissure noire incrustée en profondeur ne se nettoie pas : il se refait.
  • Le support doit être sec, dépoussiéré, dégraissé. Un silicone posé sur une surface humide ou grasse est un silicone mort.
  • Le silicone acétique (odeur de vinaigre) convient à la plupart des carrelages, le neutre est préférable près des pierres naturelles et de l'inox.
  • Comptez 24 à 48 h sans contact avec l'eau avant la remise en service, selon l'épaisseur du joint.

Refaire les joints d'une salle de bain soi-même : quand faut-il vraiment s'y mettre ?

Un joint qui a simplement terni se nettoie. Un joint qui a lâché, il faut le sortir. La frontière entre les deux est plus floue qu'on ne le croit, et c'est exactement là que beaucoup perdent du temps à récurer quelque chose d'irrécupérable.

Voici ma règle, affinée à force de le faire :

  • Joint légèrement grisâtre mais encore souple et adhérent → nettoyage, ça tient.
  • Joint qui se décolle par plaques ou qui sonne creux quand on appuie → dépose complète, aucun débat.
  • Moisissure qui revient en moins de deux semaines après nettoyage → le champignon est dans l'épaisseur, pas en surface.
  • Fissure visible en travers du joint, même fine → l'eau passe déjà derrière.

Pourquoi un joint lâche, concrètement

Le silicone n'est pas un adhésif magique. C'est un matériau souple qui travaille. Il encaisse les micro-mouvements du support, la dilatation thermique de l'eau chaude, la pression de la vapeur. Quand vous mettez de l'eau à 40 °C dans une baignoire, la paroi se dilate légèrement. Si le joint n'a pas la souplesse nécessaire, ou s'il a été posé trop fin, il finit par se décoller de son support.

Autre cause que je vois constamment : le joint a été appliqué sur une ancienne couche de silicone mal retirée. Et là, franchement, c'est perdu d'avance. Le nouveau ne tient que sur ce qu'il touche.

Le plus frustrant dans tout ça, c'est qu'un joint mal posé peut sembler parfait pendant des semaines. Il faut une saison humide pour que les ennuis commencent.

Le matériel pour refaire les joints d'une salle de bain sans se ruiner

On peut tout à fait improviser avec une lame de cutter et un tube bas de gamme. On peut aussi s'équiper correctement pour le prix d'un repas au restaurant. Le second choix fait gagner un temps considérable.

Le matériel pour refaire les joints d'une salle de bain sans se ruiner

Ma liste, celle qui fonctionne vraiment :

  • Un grattoir à joint ou, à défaut, un cutter à lame neuve et un couteau à enduire.
  • Un pistolet à cartouche correct : les modèles à 5 € qui fuient vous feront détester le bricolage.
  • Du ruban de masquage (scotch de peintre). C'est la différence entre un trait net et une bavure.
  • De l'alcool à brûler ou de l'acétone, pour dégraisser.
  • Une spatule de lissage en silicone ou un doigt trempé dans l'eau savonneuse.
  • Des gants, une lame de rechange, et un chiffon microfibre.

Total : entre 15 et 40 € selon ce que vous avez déjà chez vous. Le silicone seul coûte quelques euros le tube. Un joint de baignoire standard en consomme un, parfois deux si vous refaites les angles et le sol.

Le piège du matériel. Ne lésinez pas sur le pistolet et sur la qualité du silicone. C'est là que l'argent investi se voit, pas dans les gadgets de lissage qu'on trouve en grande surface.

Peut-on refaire un joint de carrelage sur un joint existant ?

Question à laquelle je réponds toujours la même chose, parce que je l'ai apprise à mes dépens : non, on ne pose pas du neuf sur de l'ancien. Pas pour le silicone. Pas pour le ciment.

J'ai voulu, un jour, gagner du temps sur un mur de douche. J'ai recouvert les joints effrités d'une couche de ciment-joint neuf, sans tout retirer. Deux mois plus tard, la couche neuve s'est décollée par plaques entières, en emportant avec elle des morceaux de l'ancienne. J'ai dû tout reprendre à zéro, avec une corvée de grattage deux fois plus longue, parce que les deux matériaux s'étaient mélangés.

La règle du support propre

Un joint, quel qu'il soit, ne tient que sur un support sain. Concrètement, ça veut dire : on gratte l'ancien jusqu'à atteindre la surface du carrelage ou du support, on aspire, on dégraisse, on laisse sécher. Ce travail préparatoire prend souvent plus de temps que la pose elle-même. C'est normal. C'est le prix de la tenue.

Il existe des produits « rénovateurs » qui promettent de recouvrir un joint usé. Je les ai testés sur un petit carrelage au sol. Résultat : un rendu acceptable pendant quelques mois, puis un décollement par bandes. Pour une salle de bain, où l'humidité est permanente, je ne les conseille pas. Pour une pièce sèche, éventuellement.

Refaire un joint silicone : la méthode pas à pas

Voilà le cœur du sujet. Une fois le support propre et sec, la pose d'un joint silicone prend 20 minutes. Le vrai travail, c'est avant.

Avant de commencer, vérifiez deux choses. La température ambiante (entre 5 et 35 °C, idéalement autour de 20 °C) et le taux d'humidité. Par temps froid et humide, l'accroche est moins bonne.

Étape 1 : dégraisser et dépoussiérer

Passez un chiffon imbibé d'alcool sur toutes les surfaces en contact. Laissez évaporer. Ne touchez plus la zone avec les doigts, la peau dépose une fine pellicule grasse.

Étape 2 : masquer

Deux bandes de ruban de masquage parallèles, à quelques millimètres de part et d'autre de l'emplacement du joint. C'est cette étape qui garantit un bord franc et une largeur régulière. Sans elle, votre lissage sera irrégulier et vous le verrez tous les matins sous la douche.

Étape 3 : appliquer le silicone

Coupez la buse en biais à 45°, à la largeur du joint souhaité. Poussez la cartouche régulièrement en gardant un angle constant. Ne cherchez pas la vitesse. Un geste lent et continu vaut mieux qu'un mouvement rapide et haché.

Étape 4 : lisser

Avec une spatule silicone humectée ou un doigt trempé dans l'eau savonneuse, lissez d'un seul geste. Pas d'aller-retour. Puis retirez le ruban immédiatement, avant que le silicone ne commence à prendre.

Étape 5 : laisser sécher

24 heures minimum, jusqu'à 48 heures pour un joint épais ou dans une pièce mal ventilée, avant tout contact avec l'eau. C'est l'étape que tout le monde bâcle. Et c'est celle qui décide si votre joint tient deux mois ou dix ans.

Refaire un joint de carrelage au sol : la nuance à connaître

Les joints au sol ont des contraintes différentes des joints muraux. Ils encaissent le passage, le poids, le nettoyage régulier. Ils sont donc plus larges et plus rigides, et on les traite avec un mortier-joint, pas du silicone.

La méthode reste proche : on retire l'ancien joint sur plusieurs millimètres de profondeur, on nettoie, on mouille légèrement, et on bourre le mortier neuf avec une truelle à joint. On lisse, on attend le début de prise, puis on nettoie l'excédent à l'éponge humide. Un joint de sol demande deux à trois fois plus de produit qu'on ne l'imagine. Prévoyez la marge.

Différence de tenue que j'ai constatée sur mon propre carrelage de salle de bain : un joint de sol en mortier classique tient bien trois à cinq ans avant de montrer ses premiers signes de fatigue dans une pièce humide. Un joint époxy, plus cher, beaucoup plus. À vous de voir si l'écart de prix vaut la tranquillité.

Les erreurs qui font échouer un joint sur deux

Après plusieurs salles de bain et quelques ratés, j'ai identifié les pièges qui reviennent sans cesse. Aucun n'est technique. Tous sont des raccourcis.

  • Poser sur un support humide. Le plus courant. Le silicone n'accroche pas sur l'eau.
  • Mal retirer l'ancien joint. Voir plus haut : deux matériaux mélangés ne tiennent pas.
  • Un joint trop mince. Il travaille et se déchire. Comptez une épaisseur généreuse dans les angles.
  • Passer du silicone acétique sur de la pierre naturelle ou de l'inox. Il attaque les matériaux sensibles. Le neutre est là pour ça.
  • Lisser au doigt sec. Vous collez le silicone à votre peau et vous arrachez tout.
  • Remettre la pièce en eau trop tôt. Le séchage, encore le séchage.
  • Travailler sans ventilation. Les silicones dégagent des composés volatils, parfois irritants. Ouvrez la fenêtre.

Le tableau ci-dessous résume les deux grandes familles, pour que vous sachiez dans quel cas vous vous situez.

Critère Joint silicone Mortier-joint (carrelage)
Où Angles, jonctions baignoire/mur, bac de douche, lavabo Entre carreaux, sol et mur
Texture Souple, élastique Rigide après séchage
Coût au mètre Faible Modéré
Temps de séchage 24 à 48 h 24 h avant nettoyage, plusieurs jours avant contrainte
Durée de vie Quelques années 3 à 5 ans en pièce humide, plus en époxy
Refaire sur l'existant Non Non

Combien ça coûte, et est-ce que ça vaut le coup de le faire soi-même ?

Un devis d'artisan pour refaire les joints d'une salle de bain complète, entre les carreaux et les silicones, tourne souvent autour de plusieurs centaines d'euros, main-d'œuvre incluse. Faites vous-même, vous en avez pour le prix des consommables.

Est-ce que ça vaut le coup ? Si vous êtes à l'aise avec une cartouche, clairement. Si vous avez deux mains gauches et zéro patience pour la préparation, peut-être pas. Faire un joint soi-même prend une demi-journée bien utilisée, plus une nuit de séchage. Un artisan vous rend le chantier fini sans que vous touchiez à rien. Les deux options se défendent.

Ce que je conseille, et je le dis sans détour : si vous voulez essayer, commencez par un seul joint, celui d'un lavabo par exemple. C'est une petite surface, l'erreur coûte peu, et vous saurez tout de suite si ce type de travail vous convient. On apprend plus en ratant un joint de 40 cm qu'en lisant dix tutoriels.

La vraie question n'est pas de savoir si c'est difficile. C'est de savoir si vous êtes prêt à passer 80 % du temps sur la préparation et 20 % sur la pose. Ceux qui acceptent ce déséquilibre réussissent. Les autres recollent leur silicone tous les six mois en s'énervant. Et au fond, c'est peut-être ça le vrai critère de décision.

Mathilde Duval

Mathilde Duval

Mathilde Duval est une experte reconnue dans les domaines de l'histoire du design, de la rénovation de maisons anciennes et de l'architecture durable. Elle met sa connaissance approfondie des styles et des matériaux au service de projets alliant patrimoine et performance énergétique. Passionnée par la transmission, elle accompagne particuliers et professionnels dans la réhabilitation respectueuse des bâtiments anciens.

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